La norme: être disponible partout et à toute heure
Mis à jour le 15 févier 2026
Avez-vous déjà eu la sensation de ne plus pouvoir réfléchir à cause d’un trop plein d’informations ? C’est ce qui m’arrivait régulièrement à la fin de l’année 2021. Les messageries instantanées créaient une sur-sollicitation mentale qui aboutissait à un débordement d’idées. Je devenais alors incapable de me concentrer, de faire la part des choses et de clairement identifier les différentes tâches que j’avais à faire afin de les prioriser.
La norme en 2021 exigeais que tout le monde soit disponible en temps réel sur les messageries telles que Messenger ou Whatsapp. Nous sommes attachés avec une chaîne invisible - internet - à un boulet technologique qui requiert toute notre attention.
En plus de monopoliser notre concentration, l’habitude de consulter ses messages, les nouvelles vidéos postées par les amis, s’inscrit et s’enracine dans notre quotidien. Nous sommes constamment dérangés par l’envie de savoir ce qui se passe. Comme si consulter les dernières photos postées il y a une heure nous permettait d’exister. Comme une commère au marché, connaître cette information nous donne une place dans la société.
Couper le cordon
Le plan était tout tracé, j’allais couper court à toutes les technologies de l’instantané afin de me concentrer sur le réel, pouvoir profiter de mon environnement, l’observer et même m’ennuyer. Je voulais retrouver ces idées qui parcourent l’esprit quand on n’a rien à faire.
Après plusieurs essais, avec un téléphone des années 2000 et un ipod en poche, j’ai fini par utiliser à nouveau mon smartphone, qui est un concentré de tous les outils dont j’ai besoin, mais sans abonnement internet. Depuis janvier 2021, je ne communique plus que par SMS dès que je suis à l’extérieur.
C’est comme si je ne pouvais consulter mes messages qu’à la maison, comme mon courrier finalement. Certes j’ai dû m’adapter, préparer mes trajets, télécharger les cartes, la musique, les podcasts et les documentaires hors-ligne.
Malgré tout, même après plus de 2 ans de contraintes, je crois que c’est la meilleure décision que j’ai prise cette année là.
Retour d’expérience, 4 ans plus tard
Nous sommes en 2026, suite à un appel avec ma soeur, elle m’a suggéré de compléter cet article avec mon retour d’expérience et mon lien avec le numérique 4 ans plus tard.
Pour être tout à fait honnête, une grande part de la tempête mentale que j’ai éprouvé au début des années 2020 était due au fait que j’habitais à Paris. Ville extraordinaire et palpitante mais aussi ultra-dense et fatiguante à tout point de vue. Déménager à Berlin a été un vrai soulagement à ce niveau la. Ceci dit, j’ai tout de même garder des habitudes de déconnexion numérique.
Ma première année à Berlin a été sans 4G, ce qui était de plus en plus difficile notamment lors des déménagements successifs et pour interagir avec l’association que j’ai rejointe. Telegram et Whatsapp sont tout simplement monnaie courante et ne pas avoir y accès est sacrément handicapant. De plus, j’ai du me résoudre à souscrire à une ligne allemand parce que certains livreurs ou autre services ne pouvait pas me joindre sur mon numéro français. Fin mot de l’histoire, j’ai réussi à négocier un forfait à 1Go pour quelques euros par mois. Seul quelques applis sont autorisés à accéder au réseau 4G (LTE), notamment les applis de clés numeriques, de messageries et de taxis. Toutes les autres doivent attendre le Wifi afin d’accéder à internet.
Lire pour se divertir
Ce n’est pas un scoop, mais la lecture est un passe-temps formidable. J’ai découvert la lecture assez tard, à travers mon abonnement papier au Courrier International, que je recommande à tous ceux qui sont curieux de ce qui se passe dans le monde et qui veulent passer du temps hors de leurs écrans. Puis, également à l’aide de romans, qui m’occupe le soir avant de me coucher.
Faire moins et prendre le temps
Avec du recul, et grâce à la pratique du Yoga avec des profs incroyables comme Alex Perez, j’ai appris à prendre le temps d’apprécier chaque moment. Prendre du temps pour moi, sans toujours chercher à faire plus, ou même faire quelque chose. Moins prévoir et moins faire devient mon fil rouge auquel je me rattache lors que je sens que j’en fait trop.
Naturelement, chaque projet sur lequel je me penche à plus de sens pour moi. C’est parce que j’y accorde beaucoup d’importance.
Mon téléphone n’est pas dans ma poche, donc je ne le sors pas en réunion, ou à table avec des amis. Il reste dans ma pochette en cuir lors que je suis dehors, et il a même son petit espace dans l’entrée à la maison que j’appelle son “parking”. Je ne l’ai pas autorisé dans la chambre.
Les conversations sont riches et mes pensées soient moins perturbées par une potentielle réponse ou email que je pourrais aperçevoir sur l’écran verrouillé. Ça attendra.